Historique

Création de l’association

En 2001, lors de la création de l’association, aucune étude scientifique n’avait été menée sur les cétacés de la Réunion et les espèces que l’on pouvait y rencontrer n’avaient été que peu documentées. Suite à une rencontre en mer avec un groupe de globicéphales, Bernard Rota fédère un petit groupe de passionnés de la mer afin de créer une association qui, en souvenir de ce moment exceptionnel se nommera :

Globice, Groupe Local d’OBservations et d’Identification des CEtacés.

Une mer d’huile, le catamaran avance doucement, poussé par une légère brise entre l’île Maurice et La Réunion.

Soudain, deux, cinq, dix ailerons affleurent à la surface de l’eau, bientôt suivis par des dizaines d’autres. Des cris retentissent sur le bateau.

Des dauphins ?

Non, des globicéphales dont le tête ronde ne cesse de nous étonner.

Palmes, masques et tubas sont vite sortis des sacs pour une rencontre aquatique avec ces mammifères marins.

Nullement troublés par notre immersion, ils continuent leur nage autour de nous. Un petit, plus curieux, ne tarde pas à s’approcher de très près, avant de rejoindre le reste du troupeau qui poursuit sa route dans une direction connue de lui seul.

C’est de ce moment, fort et riche en émotions, qu’est née Globice Réunion, une association de personnes passionnées par la mer et les mystères qu’elle recèle encore.

Dauphins, globicéphales, cachalots et baleines sont nombreux à venir fréquenter les côtes de La Réunion. La vie de ces animaux, avec ses nombreuses énigmes, nous intrigue.

L’association Globice Réunion a pour but de les observer afin de mieux les connaître et de contribuer ainsi à leur protection, tout en faisant partager au public le plus large, l’émerveillement qui est le sien devant ces créatures passionnantes.

Bernard Rota

Fondateur de l'association Globice

Sans moyens et sans réelles compétences dans le domaine de la cétologie à leurs débuts, ce petit groupe se met au travail et contacte d’autres structures d’études des cétacés afin de mettre en place un premier protocole de prise de données en mer et apprendre les bases concernant l’étude des mammifères marins.

Ce premier travail permet de recenser et d’identifier les premières espèces de mammifères marins (grand dauphin de l’Indo-Pacifique, grand dauphin, baleine à bosse,….) et dès 2001 d’effectuer la première photo-identification d’une baleine à bosse qui sera baptisée Adidas du fait des trois bandes noires visibles sur sa queue et qui reviendra nous rendre visite en 2012, accompagnée de son baleineau.

Premières actions de sensibilisation

Parallèlement, l’association débute un travail de sensibilisation du grand public et des institutions locales grâce à la tenue de stands, à des interventions scolaires, des conférences et des articles dans les médias locaux.

Première animation pédagogique, novembre 2001.

Première manifestation publique, novembre 2001.

Première sensibilisation des jeunes.

2001 marque également les premières interventions de Globice sur des échouages, notamment celui d’un globicéphale tropical à Sainte Rose en collaboration avec la Brigade Nature de l’Océan Indien.

Premier rapport scientifique

Fin 2002, ce groupe d’autodidactes produit son premier rapport scientifique, nourri de nombreux graphiques et analyses, fruits d’un labeur acharné !! Ce premier travail sera encouragé par un scientifique américain, membre du Muséum d’Histoire Naturelle de New-York, spécialiste des cétacés.
Cela confirmera la vocation de Globice à s’inscrire durablement dans l’étude des mammifères marins à la Réunion d’abord, puis dans le Sud-Ouest de l’océan Indien.

Fin 2002, Un financement du Crédit Agricole permet d’acheter du matériel de prise de vue performant.

Création du Réseau échouage Réunion

En 2003, un Réseau Échouage se structure à la Réunion et Globice en devient le coordinateur en 2006.

2003 : formation par Olivier Van Canneyt du CRMM (Centre de Recherche sur les Mammifères Marins) de la Rochelle

Première charte d’approche

En 2003 également, GLOBICE édite, en partenariat avec le Muséum d’Histoire Naturelle de la Réunion, la première charte d’approche des cétacés qui sera distribuée dans tous les ports de la Réunion.

2003 sera décidemment une année très riche en évènements pour Globice puisque cette année voit la création de son site internet et l’édition de la première exposition de l’association financée à l’époque par la DIREN.

2005 marque un tournant avec l’arrivée dans l’association d’une cétologue titulaire d’un doctorat sur les cachalots. D’abord bénévolement puis de façon salariée, elle va créer une base de données et structurer des programmes de recherche cohérents qui permettent de progressivement mieux connaître le peuplement de cétacés de la Réunion. Une première reconnaissance institutionnelle intervient en 2006 avec l’agrément de Globice au titre de la Protection de l’Environnement. Dès lors, elle sera régulièrement consultée sur l’ensemble des sujets ayant trait au milieu marin en général.

Première publication scientifique

2007 sera l’année de la première publication scientifique de l’association dans une revue spécialisée ; son thème : la diversité des espèces de cétacés autour de la Réunion. Cette étape capitale permet une seconde reconnaissance, celle de son sérieux et de sa rigueur scientifiques.

Dès lors, en plus du travail de photo-identification mené toute l’année par les bénévoles sur les espèces côtières de dauphins et sur la baleine à bosse, l’association va développer de nouveaux programmes scientifiques de plus en plus ambitieux.

 

Des programmes scientifiques qui se diversifient

 

Etude des cachalots dans la zone Réunion-Maurice

A partir de 2008 et jusqu’en 2015, 7 missions spécifiques de 8 à 9 jours ont été réalisées entre la Réunion et l’île Maurice, en partenariat avec la Mauritius Marine Conservation Society. Ces missions, basées sur la combinaison d’une prospection visuelle et d’un échantillonnage acoustique, ont permis de mettre en évidence la présence d’une population importante de cachalots le long des côtes mauriciennes avec un haut degré de résidence et de stabilité de certains groupes de femelles.

Programme CéTO

A partir de 2009, l’Université de la Réunion, Kélonia et Globice décident de mutualiser leurs moyens et développent le programme CéTO (Cétacés, Tortues et Oiseaux marins)

L’objectif de l’étude CéTO est de réaliser une prospection homogène de l’ensemble des eaux territoriales de La Réunion (jusqu’à 17 milles nautiques au large), afin de compléter le recensement des espèces de Cétacés, Tortues et Oiseaux marins fréquentant la zone et de décrire leur distribution. A ce jour, les six missions menées autour de la Réunion ont permis de recenser 5 nouvelles espèces : le cachalot nain, la baleine à bec de Longman, le petit rorqual antarctique, le dauphin de Risso et le dauphin bleu et blanc (déjà observé à la Réunion mais seulement lors d’un échouage à Etang Salé les Bains)

Etudes génétiques, éco-toxicologiques et isotopiques

A partir de 2010, en partenariat avec la Brigade Nature de l’Océan Indien (BNOI), des campagnes de prélèvements cutanés sur trois espèces de mammifères marins fréquentant les côtes de la Réunion : le Grand Dauphin de l’Indo-Pacifique, la Baleine à Bosse et le Dauphin Long Bec.

Ces échantillons collectés ont permis de développer des études génétiques, éco-toxicologiques et isotopiques indispensables à une meilleure compréhension des états de conservation de ces espèces.

Programme MIROMEN

En 2013, le programme MIROMEN (MIgration ROutes of MEgaptera Novaeangliae) porté en partenariat avec l’ONG Wildlife Conservation Society (WCS – USA), la Brigade Nature de l’Océan Indien (BNOI – la Réunion), la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA – USA) et Instituto Aqualie.

Ce programme, en déployant des balises Argos sur 15 individus adultes, a permis de mettre en évidence la forte connectivité entre La Réunion et Madagascar, des mouvements transocéaniques possibles même chez les mères accompagnées de très jeunes baleineaux, l’identification de nouveaux sites de reproduction tels que le mont sous-marin de La Pérouse ou le plateau des Mascareignes (banc de Saint Brandon) et la caractérisation des mouvements des mâles (visite de plusieurs sites dans une saison en vue d’optimiser les chances de reproduction).

Suivi acoustique des variations de fréquentation des baleines à bosse dans les eaux réunionnaises

Ce programme, débuté en 2016 grâce au déploiement de stations acoustiques fixes autour de la Réunion, permettra à terme de comparer la fréquentation de la baleine à bosse entre les différents secteurs de l’île en s’affranchissant des contraintes météorologiques propres aux secteurs Est et Sud.

Rôle d’expertise

L’amélioration progressive des connaissances sur les cétacés permet à Globice de réaliser en 2009 la liste rouge des espèces de cétacés de la Réunion pour le compte de l’UICN. La définition de statuts de conservation pour ces espèces est un point très important puisqu’il permet depuis leur meilleure prise en compte dans les projets d’aménagement en milieu marin.

A ce titre et depuis 2009, Globice est consulté régulièrement sur les projets ayant trait au milieu marin afin d’analyser leurs impacts potentiels sur les populations de cétacés. A chaque fois, ces études d’impacts visent à :
· identifier les « enjeux » tels que les espèces potentiellement concernées, la fonctionnalité des sites, l’utilisation qui en est faite par les espèces identifiées etc…
· Identifier les nuisances potentielles générées par le projet susceptibles d’entraîner un impact sur les populations de cétacés, et définir le niveau de vulnérabilité de chacune des espèces ;
· Caractériser l’impact potentiel sur chacune des espèces identifiées, en proposant une lecture à l’échelle de leur habitat et population globale ;
· Proposer des mesures d’accompagnement, visant à supprimer, réduire voire compenser les impacts identifiés.

Développement de nombreux programmes de sensibilisation

Parallèlement à ce travail scientifique, Globice poursuit le développement de nombreux programmes de sensibilisation ; à ce titre, les années 2007 et 2008 seront un tournant avec le retour massif des baleines à bosse le long des côtes de la Réunion. L’intérêt médiatique qu’elles suscitent entraîne alors un véritable engouement pour leur observation, tant au niveau des réunionnais que des touristes extérieurs. L’observation des baleines (« whale-watching »), pratiquée par des professionnels ou des plaisanciers se développe très rapidement mais le manque d’information sur les règles d’approche de ces animaux provoque des comportements à risque, tant pour les animaux que pour les observateurs.

C’est dans ce contexte qu’une charte d’approche des baleines à bosse est élaborée en 2009. Globice, en tant qu’association agréée de Protection de l’Environnement, contribue largement à sa rédaction, et depuis à sa diffusion la plus large possible.

Dès 2010, afin de faire vivre la charte d’approche des baleines, de diffuser la connaissance et de faire de ces acteurs des relais efficaces du message de protection des cétacés et du milieu marin dans son ensemble, Globice devient Prestataire de formation professionnelle et dispense des sessions de formation sur les cétacés auprès des professionnels du tourisme puis d’un public plus large tels que les institutionnels ou agents des administrations. A partir de 2012, de nouveaux modules dispensés par des spécialistes de chaque domaine viendront compléter l’offre de formation sur l’ensemble du milieu marin.

Mais le travail de sensibilisation ne s’arrête pas là : année après année, Globice poursuit un travail de fond à destination du public réunionnais en développant de nombreuses actions :

La réalisation d’expositions, de spots télé ou de campagnes de sensibilisation.

La création d’outils pédagogiques ou de mallettes pédagogiques.

L’édition de 2011 à 2014 d’un journal trimestriel numérique présentant les actualités marines de la Réunion : Z’infos marines

Cette diversité des missions de l’association est rendue possible par l’augmentation régulière du nombre de bénévoles qui atteint un pic de 184 membres en 2014 et par l’augmentation progressive du nombre de salariés avec une équipe qui atteint le nombre de 6 personnes en 2016.
Cette rétrospective n’est en aucun cas exhaustive et vous trouverez dans le site bien d’autres actions menées par l’association ou renseignements sur les cétacés ; toute l’équipe vous souhaite donc une bonne visite !!

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