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Respecter la reglémentation

Considérations scientifiques sur l’observation
des cétacés (whale-watching)

Le whale-watching, par la nuisance sonore qu’il entraîne et le dérangement répété des animaux observés, perturbe potentiellement l’accomplissement des activités vitales des cétacés. Ces perturbations peuvent avoir des conséquences à court et long terme, à l’échelle individuelle ainsi qu’à l’échelle des populations concernées.

A court terme, la perturbation peut entrainer des modifications des comportements de surface et de plongée, influer sur la taille et la cohésion des groupes ou perturber leurs déplacements (Janik et Thompson, 1996 ; Allen et Read, 2000 ; Nowacek et al., 2001 ; Hastie et al., 2003 ; Goodwin et Cotton, 2004 ; Constantine et al., 2004 ; Bejder et al., 2006a ; Delfour, 2007). Une pression d’observation trop importante peut induire une interruption de certains comportements, et notamment des phases de repos, phases essentielles du cycle biologique des cétacés (Würsig, 1996 ; Lammers, 2004) et un déplacement voire une fuite du groupe (Acevedo, 1991 ; Janik et Thompson, 1996 ; Allen et Read, 2000 ; Gregory et Rowden, 2001 ; Arcangeli et Crosti, 2009). Cette interruption, induite à de nombreuses reprises ne peut pas toujours être compensée à un autre moment de la journée si le groupe est en constante interaction avec les bateaux de whale-watching (Johnston, 2014).


L’impact de l’activité de mise à l’eau avec les cétacés est difficile à distinguer de l’impact dû à l’activité de whale-watching. L’activité de mise à l’eau au sein d’un groupe de cétacés exacerberait les impacts précédemment cités, avec notamment des changements significatifs de comportement de surface et de plongée, induisant une modification du budget d’activité, et notamment une diminution des temps de repos (Constantine, 2001 ; Peters et al., 2012 ; Fiori et al., 2019). Les nouveau-nés sont particulièrement sensibles à toute interaction pouvant induire un dérangement.


A terme, une interaction permanente entre bateaux d’observation et cétacés peut également entrainer l’abandon de certains secteurs, notamment les zones d’alimentation et de repos (Lusseau, 2004, 2005 ; Bejder et al., 2006b). En revanche, certaines espèces utilisant des habitats spécifiques n’ont pas toujours cette possibilité de trouver des habitats alternatifs.


A long terme et à l’échelle de la population, une activité intense de whale-watching ou de mise à l’eau avec cétacés peut conduire à une augmentation du taux de mortalité et/ou une diminution du succès reproducteur (Janik et Thompson, 1996 ; Parsons, 2012), mettant en péril la viabilité de la population (Bejder et al., 2006b). Le comportement de repos, et plus secondairement de prédation, sont les activités vitales plus à même d’être perturbées par le whale-watching ou la mise à l’eau.


Pour toutes ces raisons, les activités de whale-watching sont de plus en plus encadrées, voire même interdites dans certains pays.

A La Réunion, un cadre volontaire et réglementaire pour une observation responsable

Le Whale-Watching bénéficie de conditions exceptionnelles à La Réunion (présence de baleines nombreuses presque chaque saison, visibilité depuis le littoral le plus touristique, limpidité de l’eau, conditions météorologiques favorables…). L’engouement populaire pour l’observation de ces animaux a suscité l’émergence d’un secteur économique dynamique pourvoyeur d’emplois locaux.


Toutefois, les perturbations générées par cette activité à mesure de son succès croissant ont nécessité au fil du temps un encadrement spécifique. Lancée par Globice dès 2003 en lien avec le Museum d’Histoire Naturelle de La Réunion, une première version de charte d’approche des baleines à bosse avait permis d’initier la sensibilisation des plaisanciers aux risques de cette pratique et d’encourager les bonnes pratiques. Dynamisée en 2009 en partenariat avec le Syndicat des Professionnels des activités de loisirs sur l’île de la Réunion (SYPRAL), la charte d’approche des baleines à bosse a été largement diffusée pour prévenir les comportements dangereux pour l’homme et les animaux. ). En 2017, à l’initiative de la Direction de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DEAL), cette charte s’est étendue aux dauphins et aux tortues marines. Depuis 2017, une équipe de sensibilisation – l’équipe Quiétude – patrouille sur le plan d’eau pour sensibiliser les usagers à son respect.


Face à la persistance d’agissements contrevenant aux consignes de la charte, la Préfecture de La Réunion a souhaité en juin 2018 réglementer son application, qui devient dès lors contrôlable et sanctionnable. Un nouvel arrêté préfectoral, publié le 20 juillet 2020, introduit de nouvelles dispositions afin de permettre “un exercice serein des activités d’approche et observation (commerciales ou non) sans que cela se fasse au détriment des cétacés."