Etudes acoustiques

Afin de compléter les connaissances sur la répartition spatio-temporelle des baleines à bosse autour de la Réunion, un programme acoustique a été mis en place depuis 2016. Ce programme vise à déployer des hydrophones fixes pour détecter la présence des baleines à bosse dans les différents secteurs de l’île. En effet, chaque famille voire espèce de cétacés émet des sons distincts dans des gammes de fréquence spécifiques et peut donc être identifiée par acoustique passive. Le chant des baleines à bosse est uniquement produit par le mâle sexuellement mature, a priori dans un but reproducteur. La détection de ces chants est donc un indicateur de la présence de mâle chanteur dans la zone, et donc un indice de la présence de baleines à bosse dans le secteur concerné.

Plus spécifiquement, ce programme a pour objectifs de :

• Caractériser les variations spatiales et temporelles du taux de fréquentation de la baleine à bosse en s’affranchissant des contraintes météorologiques propres aux secteurs est et sud,

• Combler le manque de données existantes dans ces zones peu prospectées,

• Compléter la base de données acoustique de Globice en vue d’une comparaison géographique des chants à l‘échelle régionale.

Méthode : Déploiement de trois hydrophones autonomes au niveau de l’isobathe des 30 mètres dans 3 secteurs autour de l’île (ouest, sud et est) pendant la période de présence de la baleine à bosse, au cours de l’hiver austral. Le matériel utilisé est le système autonome SoundTrap 300 STD développé par Ocean Instruments, configuré pour permettre d’enregistrer les cétacés vocalisant entre 20 Hz et 60 kHz, c’est à dire la plupart des espèces de cétacés rencontrées dans les eaux réunionnaises. Ce système, composé d’un hydrophone à batteries internes se rechargeant en branchant directement l’appareil sur l’ordinateur, présente également un disque dur de 128 Go permettant le stockage des enregistrements au cours de la période de mise à l’eau.

Découvrez le programme acoustique mené sur les baleines à bosse :

Les données acoustiques récoltées en 2015 et 2016 ont démontré que les baleines à bosse fréquentent les trois sites d’étude : Saint-Gilles, Saint-Louis et Saint-Benoît, avec cependant des différences de fréquentation. En effet, l’activité de chant en 2016 et 2017 a été nettement plus importante dans le secteur de ouest que dans le secteur sud et plus encore que dans le secteur est.

Ces résultats démontrent que les mâles chanteurs se concentrent majoritairement dans l’ouest de l’ïle. Ainsi, la côte ouest représente un habitat de reproduction préférentiel pour cette espèce, de par la présence d’un plateau insulaire plus étendu, propice à la reproduction.
Les résultats acoustiques montrent également que l’activité de reproduction (chant) reflète les variations inter-annuelles de fréquentation : pendant la saison 2016, la faible fréquence d’observation des baleines à bosse est corrélée avec une faible activité de chant (moins de chants enregistrés, et répartis sur une période relativement courte, de mi-juillet à début septembre), alors qu’en 2017 -année exceptionnelle en terme de fréquentation- les chants étaient plus fréquents et présents jusqu’à fin septembre (sauf dans l’est), démontrant une prolongation de la période de reproduction.

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