Etudes génétiques et toxicologiques

Les analyses génétiques

L’utilisation de la génétique sur les espèces de dauphins côtiers est indispensable pour mieux comprendre la structure et le fonctionnement social des groupes présents à La Réunion, ainsi que pour déterminer le degré d’isolement de populations résidentes ou pour mettre en évidence des échanges au sein de l’océan Indien. Concernant la Baleine à bosse (Megaptera novaeangliae), espèce migratrice, la comparaison d’échantillons au niveau régional permet de mieux définir les échanges au sein du  stock reproducteur de l’océan Indien occidental (Stock C défini par la Commission Baleinière Internationale). La détermination génétique du sexe des individus permet également de mieux comprendre la structure des groupes, et d’étudier les variations du temps d’arrivée et de résidence entre mâles et femelles.

Méthode : les analyses génétiques sont effectuées en laboratoire à partir d’échantillons de peau prélevés depuis 2009 par biopsie pour les dauphins, de ramassage de peau desquamée et de biopsie pour les baleines en partenariat avec la Brigade Nature de l’Océan Indien. Les résultats génétiques sont corrélés avec les données issues des études de suivi et de photo-identification décrites ci-dessus.

Concernant le grand dauphin de l’Indo-Pacifique de La Réunion, les résultats montrent notamment :

• Une diversité génétique nettement inférieure dans les îles Mascareignes (Réunion –Maurice) qu’à Madagascar, plus grande en taille, et qu’à Mayotte, plus proche du continent.  Cette diversité particulièrement faible pourrait être liée à la fois à l’éloignement géographique des îles, et aux caractéristiques démographiques des populations, les populations d’effectif réduit ayant une diversité génétique plus faible. Cette faible diversité génétique pourrait également refléter un « effet fondateur » de ces îles éloignées, colonisées initialement par un petit nombre d’individus pionniers. La faible diversité génétique observée dans les îles Mascareignes a des implications importantes en termes de conservation. En effet, la réduction de la variabilité inter-individuelle rend les populations résidentes potentiellement plus vulnérables aux perturbations anthropiques ou environnementales, en limitant leur capacité d’adaptation aux changements du milieu.

• Une structuration importante de la population de grand dauphin de l’Indo-Pacifique à l’échelle régionale, et un isolement génétique très marqué de la population de La Réunion par rapport aux îles voisines. Cette structuration est démontrée aussi bien au niveau de l’ADN mitochondrial, uniquement transmis par l’ascendance maternelle, qu’au niveau des microsatellites, d’origine nucléaire, transmis par les 2 parents.  Cette divergence génétique importante indique qu’il n’existe pas de mouvements d’individus significatifs et réguliers entre les îles permettant d’assurer un brassage de gènes entre les populations insulaires. Si des migrations trans-océaniques sont possibles, elles ne sont pas assez fréquentes pour assurer un flux génétique.  En termes de conservation, cet isolement implique que les îles Mascareignes ne pourront bénéficier d’apport d’individus en provenance d’autres îles pour renouveler leurs effectifs, en cas de perturbation démographique majeure.

Concernant la baleine à bosse, l’analyse des échantillons collectés en 2010 et 2011 a permis l’identification génétique des baleines à bosse de La Réunion et de constituer ainsi les premières données disponibles pour les Mascareignes (Sous-stock reproducteur C4 défini par la Commission Baleinière Internationale). Les résultats montrent notamment que les baleines de La Réunion appartiennent à deux groupes distincts. L‘origine de cette différenciation génétique n’a cependant pas pu être définie et ne semble ni liée au sexe, ni à l’année de présence à La Réunion. Ces données pourront, à terme, contribuer à une évaluation régionale de la structure du stock de baleines à bosse de l’océan Indien occidental. Des partenariats sont en cours d’élaboration à ce sujet.

Les analyses toxicologiques

En 2016, un article scientifique présentant les résultats de l’étude éco-toxicologique réalisée en partenariat avec les universités de Liège et d’Anvers a été publié dans le journal scientifique Environmental Research. Découvrez ci-dessous une synthèse de cette publication :

En 2016, un article présentant les résultats de l’étude éco-toxicologiques sur les baleines à bosse a également été publié dans la revue Environmental Pollution.

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