Un appel à la coopération de la part du Capitaine Paul Watson.
Rubrique
: KroniKantartiKa
Très bien, nous y voilà à nouveau, mais qui ne tente rien n’a rien. Voici la requête officielle de Sea Shepherd Conservation Society à la fondation Greenpeace pour 2008, pour travailler côte à côte pour défendre les baleines du Sanctuaire Baleinier de l’Océan Austral pendant l’été antarctique 2008-2009.
Les baleines ont besoin de toute l’aide disponible lorsque la flotte baleinière japonaise redescendra pour tuer illégalement des baleines en voie de disparition dans le Sanctuaire Baleinier Antarctique en décembre 2008.
La saison dernière, nous les avons stoppés pendant 50% du temps, et nous avons permis de réduire leurs prises à 50% de leur quota. Si nous avions deux navires et suffisamment d’argent nous pourrions les arrêter à 80% et peut être même 100%, mais nous ne sommes qu’une petite organisation avec un seul navire rapide, et nous avons besoin de lever des fonds pour financer une telle campagne.
Mais il y a une solution. Si Sea Shepherd Conservation Society et Greenpeace coopèrent dans un effort conjoint coordonné pour s’opposer aux intérêts japonais de chasse à la baleine, nous pourrions arrêter ces baleiniers pirates en Antarctique.
Chaque année, Sea Shepherd a donné à Greenpeace les coordonnées de la flotte lorsque nous les avions trouvés bien que Greenpeace ait refusé de rendre la pareille. Et oui, il y a en effet eu des mots durs entre Greenpeace et Sea Shepherd au fil des années, mais le mot Greenpeace inclut « peace » (NDT : Paix) et c’est pourquoi j’en appelle à Greenpeace une fois de plus au nom d’une coopération pacifique pour travailler avec Sea Shepherd pour protéger les baleines. Laissons le passé au passé, et concentrons nous sur le présent et un avenir constructif. Il n’y a vraiment aucune raison pratique pour laquelle Greenpeace et Sea Shepherd ne pourraient pas travailler ensemble.
Après tout, je suis l’un des fondateurs originels de la Fondation Greenpeace en 1972, ainsi que Greenpeace International en 1979. Sea Shepherd et Greenpeace travaillent pour un même but de façon non-violent, bien que notre définition de non-violence consiste à ne pas blesser de vie consciente. Comme Martin Luther-King l’a écrit un jour, « la violence ne peut pas être commise à l’encontre d’un objet dénué de conscience. » Sea Shepherd Conservation Society n’a jamais causé de blessure lors de 31 années d’opérations. Nous n’avons jamais eu de membre d’équipage condamné pour crime n’importe où dans le monde, et nous n’avons jamais eu de procès.
Le Dalai Lama soutient Sea Shepherd et il décrit l’approche de Sea Shepherd comme en phase avec l’esprit de l’Hayagriva ou l’aspect compassionné de la colère de Bouddha, ce qui signifie que nous n’avons pas l’intention de blesser quiconque, mais parfois nous devons faire preuve d’intimidation pour intervenir contre la violence.
Je ne crois pas que nos tactiques soient les raisons réelles du refus de Greenpeace de coopérer avec Sea Shepherd. Après tout, Greenpeace a coopéré avec « Earth First ! » dont les tactiques contre les biens matériels sont bien plus agressives que celles de Sea Shepherd. Sea Shepherd est même prêt à pardonner la violence de Greenpeace qui cause la souffrance et la mort d’êtres conscients que l’équipage consomme sur les navires de Greenpeace.
Nos navires sont végétariens, et ainsi, nous sommes fidèles à Ahimsa alors que Greenpeace ne l’est hélas pas. Nous ne jugeons pas Greenpeace pour cela cependant, et demandent simplement que Greenpeace ne nous juge pas en retour pour avoir détruit des machines utilisées pour le massacre et l’exploitation illégaux d’êtres conscients.
J’ai déjà demandé ceci, et je demande à nouveau, mais comment Greenpeace espère-t-elle promouvoir la paix entre les nations, les hommes, et la nature alors qu’elle refuse de faire la paix dans sa propre maison ?
Cette ridicule animosité entre Greenpeace et Sea Shepherd dure depuis 3 décennies, plus longtemps que la plupart des guerres entre les nations. En fait, personne ne semble se souvenir de la raison de cette animosité. L’hostilité semble s’être institutionnalisée. Sea Shepherd aimerait voir un terme à ce manque d’harmonie et permettre aux deux organisations de travailler ensemble. Il n’a jamais été dans mon intention de détruire Greenpeace. Je suis responsable de bien des façons, de la naissance et la croissance de Greenpeace, pourquoi voudrais-je la détruire ?
Il est intéressant de noter que Greenpeace ait incorporé le mot « fondation » en 1971 à cause du roman « Fondation » par Isaac Asimov. Dans cette histoire il y a deux fondation, la grosse et la plus petite, plus flexible, la seconde fondation. Le rôle de la seconde fondation est de garder la fondation sur les rails, et cela implique des tactiques qui pour certaines sont rudes. J’ai critiqué Greenpeace par le passé parce que Greenpeace devait être critiquée et ce n’était pas une chose négative, bien qu’une réponse négative à une critique peut rapidement se transformer en querelle.
Mais les querelles peuvent se terminer, et j’essaie d’y mettre un terme depuis des années. Mais mettre un terme à une querelle demande à chacun de faire des efforts et les offres de Sea Shepherd n’ont jamais été ni reçues ni acceptées, et en particulier ma personne est devenue l’objet de mépris et de dérision chez certains de Greenpeace.
Mais nous devrions nous accorder que nos mesquines disputes et prises de bec humaines ne sont rien en comparaison de la violence qui assaille les espèces sans défense de la planète. La force vient de la diversité et de l’unité. Un mouvement qui est à la fois varié et uni est le plus puissant des mouvements sociaux. Nos navires battent tous le même pavillon – le pavillon Néerlandais. Certains membres de mon équipage ont servi sur des bâtiments de Greenpeace, et certaies membres de Greenpeace ont aussi servi sur des bâtiments de Sea Shepherd. J’ai moi-même été second sur les voyages de Greenpeace entre 1971 et 1977. Beaucoup des membres fondateurs originels de Greenpeace comme Robert Hunter, Lyle Thurston, John Cormack, David Garrick, et Rod Marinning ont navigué avec Sea Shepherd.
Alors qu’en dites vous, Greenpeace ? Ensemble nous pouvons faire fuir les Japonais. Echangeons nos coordonnées et prenons la relève pendant que l’autre se réapprovisionne en carburant. Déployons nos équipages et nos tactiques ensemble dans un front uni sur un même terrain.
Vous n’êtes pas mon ennemi, et je ne suis pas votre ennemi. Les baleiniers et ceux qui veulent détruire l’harmonie écologique sont notre ennemi commun. Nous les rendons plus forts si nous sommes divisés et nous les rendons plus faibles lorsque nous sommes unis.
Cette année nous avons l’opportunité de nous unir à nouveau contre les baleiniers hors-la-loi de l’Océan Austral. Le ferons nous ? Travaillerons nous ensemble en coopération ? Contribuerons-nous à un plus grand effort et un plus grand mouvement? Battrons nous pavillon Sea Shepherd et Greenpeace côte à côte lorsque nous pointerons nos proues vers le Sud ?
J’espère pour l’amour des baleines et pour cette planète que nous le pouvons, et que nous le ferons. Je pense que ce serait fantastique que Sea Shepherd et Greenpeace tiennent une conférence de Presse conjointe à Santiago au Chili, lors de la réunion annuelle de la Commission Baleinière Internationale pour annoncer une alliance de coopération pour s’opposer aux baleiniers hors-la-loi.
Mes chers amis de Greenpeace (je suis membre permanent), j’attends votre réponse.
Cordialement dans l’esprit de coopération pour défendre les baleines,
Capitaine Paul Watson Fondateur et Président de Sea Shepherd Conservation Society Co-Fondateur de la Fondation Greenpeace (1972) et de Greenpeace International (1979)
Source : http://www.seashepherd.fr/news.html
