Mission cachalot à Maurice
Rubrique
: Missions et actions
L’association Globice termine la première mission cachalot. Cette mission entre dans le cadre d’une étude scientifique de la population de cachalot dans la zone Réunion-Maurice, financée par la Fondation Nature & Découvertes, la Diren et le conseil régional de La Réunion. L’objectif général de ce projet est de mener une étude scientifique visant à améliorer les connaissances sur le cachalot dans le Sanctuaire baleinier de l’océan indien, et plus particulièrement dans les îles Mascareignes (Réunion-Maurice).
Le cachalot est une espèce cosmopolite que l'on observe dans tous les océans. Mais bien que l’espèce soit présente sous toutes les latitudes de la planète, son étude n’en est pas moins difficile, du fait de son mode de vie. En effet, le cachalot passe la plupart de son temps en plongée. Il détient d'ailleurs les records de profondeur et de temps de plongée avec 3000m de fond et 1h30 d'apnée.
Les connaissances sur cette espèce au sein de l'océan indien sont très limitées. Quelques études et observations révèlent sa présence aussi bien en zone océanique qu'en zone côtière. Le cachalot compte parmi les espèces présentes au large de La Réunion et de l'île Maurice. Cette espèce a été longtemps chassée et exploitées commercialement dans les îles Mascareignes, notamment au 19e siècle. Les conséquences de la chasse intensive sur ces populations sont aujourd'hui inconnues.
Dans l'océan Pacifique, il a été suggéré que le faible taux de fécondité observé pourrait être une des conséquences de la chasse pratiqué de manière sélective sur les grands mâles. En 1979, suite à une initiative seychelloise, l'ensemble de l'Océan Indien a été décrété Sanctuaire baleinier, par la Commission Baleinière Internationale.
Devant le manque de connaissances sur le cachalot dans l'océan Indien, l'association Globice s'est lancé dans un projet d'étude spécifique sur cette espèce emblématique et peu connue du Sanctuaire de l'Océan Indien.
Les objectifs sont :
- préciser les secteurs fréquentés par les cachalots
- préciser la structure sociale et l'activité des groupes : les cachalots forment généralement deux genres de groupes sociaux: les groupes de mâles et les groupes de femelles accompagnées de leurs petits
- initier un catalogue de photo identification : les individus peuvent être identifiés comme les baleines à bosse grâce à leur nageoire dorsale et à la face inférieure de leur nageoire caudale qui possèdent une découpe unique pour chaque individu.
Pour réaliser ces objectifs, deux missions de 8 jours en mer seront réalisées entre La Réunion et Maurice. Ces missions se font sur la base de prospections visuelles et acoustiques.
La bioacoustique est un outil de pointe performant et particulièrement adapté pour l’étude des cachalots en milieu naturel. En effet les cachalots plongent à de très grandes profondeurs (en moyenne 1000 à 2000m de fond) pour chasser le calamar à la base de leur alimentation. Ils émettent alors des "clicks" réguliers lorsqu'ils sont en plongée, qui leur permettent de localiser leurs proies dans l'obscurité des profondeurs.
Ces clicks correspondent à des ondes sonores de base fréquence qui sont envoyés dans une direction de l'espace et dont l'écho répercuté sur le relief ou sur une proie est réceptionné par l'énorme melon du cachalot et interprétée. Cette technique est appelée écholocation. Lorsqu'ils sont en surface les cachalots communiquent entres eux par l'intermédiaire d'autres types de clicks appelées "codas".
L'étude acoustique de ces clicks se fait grâce à des micros permettant d'enregistrer les sons en milieu aquatiques appelés hydrophones. Ces techniques de pointe nécessitent un matériel de haute qualité et une expérience en matière de détection et d'identification des vocalises des différentes espèces de cétacés.
Cette première mission réalisée du 07 au 15 mai a permis une première collecte de données conséquente sur l'espèce, les cachalots ayant été observé presque tous les jours, dont au moins deux groupes distincts de femelles accompagnées de leurs petits.
Près de 2500 clichés ont été réalisés et serviront à identifier les différents individus. Plusieurs heures d'enregistrements acoustiques ont été réalisées, il s'agit des premiers enregistrements de vocalises de cachalots dans les îles Mascareignes.
Ces données seront interprétées par le travail de recherche de Violaine DULAU experte scientifique cétologue de GLOBICE et de Fabrice SCHNOLLER. Elles seront complétées par les données de la deuxième mission qui aura sûrement lieu en mars 2009.
