Pour cela, le Japon a invité à Tokyo début Mars, 12 pays en voie de développement. Parmi ceux-ci , le Cambodge et Palau, sont déjà membres de la CBI, d’autres comme l’ Erythrée, le Congo, la Tanzanie, l’Angola, et la Micronésie ne le sont pas encore.

C’est le dernier exemple en date des efforts du Japon qui depuis 10 ans maintenant essaye d’acheter les votes de pays. Dans les derniers 10 ans, le Japon a ainsi recruté 21 nouveaux alliés au sein de la CBI.

La plupart sont les pays les plus pauvres du Pacific et de l’Afrique de l’Est et qui bizarrement sont désireux de payer les droits d’entrée à la CBI entre 8500 et 17000 dollars/an.

Un certain nombre de pays des Caraïbes sont ainsi passés du côté des japonais après des discussions concernant les aides au développement. Beaucoup de pays ont ainsi reçu de l’argent des japonais, y compris des pays qui ne sont pas proches de la mer comme la Mongolie et le Mali.

« Tout pays peut rejoindre la CBI. Il n’y a pas besoin d’avoir un passé de baleiniers » affirme Chris Howe, executive director for the New Zealand office of the international conservation group WWF. « La seule chose que ces pays ont à faire est de payer les droits d’entrée et ils peuvent voter. »

Howe ajoute qu’il n’a pas de problème avec les pays non –baleiniers ou qui n’ont pas de côtes maritimes. « Les baleines sont une ressource globale appartenant à tous, donc chacun a son mot à dire. Nous pensons qu’il devrait y avoir plus de membres, mais dans une CBI revue qui aurait une bonne représentativité. » Le Japon n’a jamais admis ouvertement ses aides pécunières soumises à conditions.

Mais un rapport du symposium des îles du Pacific en 1987 fait état d’un représentant de l’Agence japonaise des pêches proposant aux pêcheries des aides soumises à conditions. « Quand le gouvernement japonais sélectionne les pays dont il désire aider l’industrie de la pêche, un des critères comporte un accord avec le Japon pour le supporter dans les organisations internationales. » précise le rapport.

Dans une récente conférence de presse, Derek Sikua, le Premier Ministre des îles Salomon a expliqué pourquoi il n’avait pas envoyé de représentant à la dernière réunion de la CBI à Londres. “ Nous n’y avons pas assisté parce que d’habitude le Japon paye pour notre participation, mais comme nous avons refusé, nous n’y sommes pas allés.”

Le Japon ne reconnait pas de telles aides aux pays pour rejoindre les rangs des pays baleiniers.

« Le gouvernement japonais ne finance, ni voyage ni aide d’aucune sorte à travers l’ICR ( Institut de recherches sur les cétacés ou d’autres agences » affirme le Premier secrétaire de l’Ambassade japonaise de Nlle Zélande, Ryosuke Hirooka.

“ Je n’ai connaissance d’aucun payement…… à des membres de la CBI”

Le porte parole de L’ICR, Glen Inwood ne répond à aucune question sur ce sujet.

Les Ministres et les officiels des nations ayant acceptée l’aide des japonais nient tout lien entre les fonds reçus et le fait d’être membre de la CBI. Par exemple les représentants des îles Tuvalu, Nauru et Palau ne font aucun commentaire sur ce sujet et ne répondent pas aux mails.

Kiribati, une nation composée de 30 petites îles du Pacific, vivant principalement du tourisme, des noix de coco et du poisson a une économie faible et souffre d’éloignement.

Elle est aidée par la GB, le Japon, l’Australie, la Nlle Zélande et la Chine à concurrence de 10 pourcents des finances du Kiribati soit 73 millions de dollars. L’aide japonaise a permis au Kiribati de refaire son réseau d’énergie et les ponts, d’acheter des ambulances et d’améliorer les infrastructures des pêcheries. Officiellement, ils démentent que ces fonds japonais étaient soumis à condition.

« Toutes ces subventions et autres assistances techniques n’ont aucun lien avec notre participation à la CBI. » dit le Ministre des pêches et ressources marines du Kiribati , Ribanataake Awira.

« Nous continuerons à défendre l’idée que si ces baleines font partie des repas traditionnels de certains pays, nous n’avons pas le droit de leur demander de les retirer de leur menu. » ajoute Mr Awira.

Notre seul souci est que ces baleines puissent être chassées durablement. Atherton Martin, l’ancien ministre de l’environnement de La Dominique, île des Caraibbes, qui a démissionné de son poste en 2000, raconte en 2005 qu’il avait convaincu son pays de ne pas voter comme le Japon à cette époque, mais que le Premier Ministre était passé outre à cette décision car le Japon avait menacé de retirer son aide monétaire.

Pour l’instant, aucun expert ne peut prévoir si l’offensive du Japon aura les résultats désirés. «Personne n’est sûr du nombre de votes pour ou contre à la prochaine réunion de la CBI à Santiago du Chili en Juin.”

C’est comme à la roulette russe, on ne peut rien dire jusqu’au premier vote.» dit Mr Palmer de Nlle Zélande.

Source : National Geographic News
Traduction : Globice